Lucas Pointud : « Le sport m’a aidé à me construire »

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Publié le mardi 06 avril 2021

À l’occasion de la Journée Internationale du Sport au Service du Développement et de la Paix, et de la campagne #WhiteCard de Peace and Sport, nous racontons l’histoire de notre pilier Lucas Pointud. Opéré la semaine dernière de la cheville, Lucas revient sur son parcours et sur l’importance du sport dans les situations parfois difficiles qu’il a pu traverser.

« J’ai commencé le rugby à Chambéry, à 14 ans. J’ai de suite accroché avec ce sport qui correspond parfaitement à mon état d’esprit. Je ne conçois pas un sport sans cette notion de collectif, de se battre les uns pour les autres et de s’unir dans un but commun. Ces valeurs-là, indispensables, m’ont toujours aidé dans ma vie personnelle. »

Véritable vadrouilleur, il a ensuite évolué chez les jeunes à Grenoble, Clermont, avant de signer son premier contrat pro à Béziers ; puis de partir à nouveau pour Narbonne, Saint-Etienne, et même l’Australie durant quelques mois. A ce moment-là, il avait tiré une croix sur le rugby professionnel : « Ça ne marchait pas, je ne trouvais pas ma place. Je travaillais à côté, souvent en cumulant plusieurs petits boulots. J’étais notamment fournisseur internet chez Orange, et j’installais la fibre chez les joueurs du Stade Toulousain… avec qui j’ai ensuite joué quelques années plus tard. »

A côté de ça, il jouait à Castanet, en Fédérale 1, avec son frère, et s’est même essayé au XIII avant que Pierre-Henry Broncan ne vienne le chercher. « On peut dire qu’il m’a sauvé. J’étais un peu perdu à ce moment là de ma vie. Il m’a invité à boire un café, il m’a dit qu’il me prenait car tout le monde lui avait dit qu’il ne fallait absolument pas me prendre. J’ai commencé la saison avec lui, il ne m’a pas lâché et m’a fait sortir la tête de l’eau. Dès la première semaine, il m’a engueulé en m’expliquant qu’il voulait que j’aille en TOP 14 et en équipe de France. Quand j’ai été sélectionné avec le XV de France quelques années plus tard, je lui ai offert mon maillot en rentrant. Nous sommes toujours restés en contact, on s’est retrouvés ensuite au Stade Toulousain, puis à Castres. »

Après des passages à Tarbes, Bayonne, Brive, Toulouse, et Pau, Lucas est éloigné des terrains à cause de blessures. Installé dans le Tarn, et en « situation de blocage avec son club », il traverse une période difficile, sportivement mais aussi personnellement. L’opportunité de rejoindre le CO représente pour lui « une dernière chance. » « Ces quelques mois passés à Castres m’ont redonné le plaisir de venir m’entrainer, de faire partie d’un groupe, m’ont redonné confiance en moi. Je me suis de suite senti adopté. »

Pour conclure, la place du sport dans sa vie a été essentielle : « Le sport m’a aidé à me construire. Il m’a permis de me stabiliser, d’assumer mes fonctions de papa plus sereinement. Il m’a apporté une qualité de vie. Il m’a surtout amené de la confiance en moi, dans mes projets. Avoir des personnes qui croient en toi, et pouvoir vivre de sa passion, ça m’a aidé dans ma construction en tant qu’homme. »

© Crédit photo : Getty Images/John Berry