Du haut niveau à l’entretien de la pelouse du stade Pierre Fabre

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Publié le jeudi 04 juillet 2019

Travailleurs de l’ombre, rarement sur le devant de la scène, ils sont pourtant indispensables au bon déroulement des matchs. 7 employés de la Ville de Castres œuvrent au quotidien sur les différents terrains de sport castrais, et consacrent une cinquantaine d’heures par semaine à entretenir la pelouse du stade Pierre Fabre.

Leurs efforts sont payants : depuis 3 ans, notre pelouse fait partie des meilleures du TOP 14. Rencontre avec Stéphane Germain, responsable des Espaces Verts, et Mathieu Gaillard, en charge des équipes terrain.

Cette période de repos pour les joueurs est-elle une période idéale à l’entretien de la pelouse du stade Pierre Fabre ?

Mathieu : Non, l’été est la plus mauvaise période pour nous ! Du 15 juin au 15 août, nous devons faire du gazon alors que c’est la période la moins adaptée. C’est pour cette raison que nous avons tout un protocole pour nous permettre de faire pousser la pelouse.

Stéphane : Nous procédons à un décompactage qui sert à favoriser la descente des racines. Nous le faisons deux fois par an. Il est également nécessaire de réguler la température de la pelouse pendant cette période de pause sportive pour veiller à sa bonne pousse.

Mathieu : Actuellement, nous sommes obligés de tenir le gazon en eau car c’est un gazon très jeune. Aux alentours du 15 juillet, nous freinons l’apport d’eau sinon le pâturin prend le dessus. C’est donc tout un travail de justesse.  D’une manière générale, nous travaillons au jour le jour, au plus proche de la pelouse. Nous devons veiller au grain et effectuer tous les jours plusieurs tests, week-ends compris !

Utilisez-vous des produits spécifiques naturels pour éviter la pousse de mauvaises herbes ?

Stéphane : Nous utilisons principalement des matières organiques et nous limitons l’apport d’azote. Notre traitement s’inscrit continuellement dans une démarche la plus responsable et la plus écologique possible.

Mathieu : Par exemple, pour protéger la pelouse de la maladie, nous utilisons des “traitements” naturels à base d’algues pour renforcer la plante et à base de minéraux pour favoriser la résistance de la feuille. Nous n’utilisons la chimie vraiment qu’en ultime recours, c’est très rare.

A quelles obligations êtes-vous tenus par rapport au cahier des charges de la LNR ? 

Mathieu : Le match doit toujours être jouable. Cette réglementation se divise en trois parties. Pour nous c’est un bon cadre de travail !  Il y a notamment un point important sur l’infrastructure du terrain, qui concerne tout le réseau d’arrosage et de drainage. Il est nécessaire d’avoir un terrain qui soit capable d’absorber un maximum d’eau en cas d’orages et qui ne se dégrade pas à la moindre pluie.

Stéphane : Ils procèdent également à un test à l’arrachement, la profondeur racinaire, la compaction du sol (pour des raisons de sécurité des joueurs), un test de densité et de rotation pour éviter les risques de ruptures sous les appuis des joueurs. Enfin, ils réalisent de nombreux tests esthétiques du terrain et de rendus visuels et, ce sont tous ces tests qui déterminent notre classement.

A une époque, les experts considéraient que la durée de vie d’une pelouse de haut niveau était de 7 à 10 ans environ. On se rend compte aujourd’hui qu’avec un entretien de qualité et raisonné, nous repoussons cette date butoir. Nous n’avons effectivement pas les mêmes moyens que certaines autres équipes mais la manière dont nous procédons nous donne raison puisque nous avons une pelouse de qualité depuis de nombreuses années maintenant.

Réalisez- vous des entretiens particuliers après chaque match à domicile ? Et avec quels types de machines ?

Mathieu : Cela dépend des saisons. Cependant, nous avons tout le temps une remise en état du terrain à réaliser. Nous avons un outil qui nous permet de remettre en surface tout ce qui a été bougé ou cassé. Ensuite nous le balayons pour obtenir une surface propre. Enfin, le lendemain nous procédons à la tonte du terrain pour le re-stabiliser.

Stéphane : Nous sommes en lien constant avec les équipes du Castres Olympique, et communiquons énormément entre nous afin d’être à l’écoute des impératifs des uns et des autres.

Dans quel état d’esprit êtes-vous lorsque vous assistez aux rencontres ?

Mathieu : Je ne peux pas me focaliser sur autre chose que l’état de la pelouse pendant les 80 minutes.  Du 15 août à fin septembre, les matchs sont encore plus stressants puisque nous sortons de l’été, nous savons que ces fortes chaleurs fragilisent énormément le gazon. A cette même période, nous devons faire face à des remontées racinaires et nous devons être extrêmement vigilant car l’état de la pelouse peut évoluer d’un jour à l’autre. Pour moi c’est extrêmement difficile de regarder un match (rires).